Paralysie faciale
Phase aiguë initiale : prise en charge en urgence
Urgence neuro-fonctionnelle
Phase chronique séquellaire :
Récupération partielle
Absence complète de récupération

Consultation
Consultation en urgence
pour permettre
la meilleure prise en charge
et limiter le risque de séquelles

Traitement
Le traitement doit être débuté aussi tôt que possible
après le début des symptômes

Bilan
Bilan médical pour déterminer la cause de la paralysie faciale

Suivi
Le suivi médical est indispensable
pour optimiser
la prise en charge

Traitement des séquelles
par injections
Les séquelles
peuvent être prises en charge quel que soit le délai d'évolution de la paralysie faciale

Traitement des séquelles
par chirurgie
Chirurgie de réhabilitation
faciale et orbito-palpébrale
en fonction du délai d'évolution
PHASE INITIALE
URGENCE
La consultation en urgence auprès d'un ORL doit être réalisée le plus tôt possible dès l'apparition des symptômes afin d'évaluer le patient et de délivrer le traitement adéquat.
La consultation permet, après un interrogatoire et un examen clinique, de prescrire un traitement médical qui doit être pris par le patient le plus rapidement depuis le début des symptômes.
Ce traitement repose sur des corticoïdes et des antiviraux. La posologie du traitement et le mode d'administration (oral, intraveineux) est adapté en fonction de chaque patient. Une hospitalisation est parfois nécessaire.
Des mesures de protection oculaire ainsi que des collyres en cas d'inocclusion de l'œil sont également prescrits.
Une consultation de contrôle à 48/72h après la 1ère consultation peut être nécessaire pour s'assurer de l'absence d'aggravation de la paralysie faciale, ce qui pourrait entraîner une modification du traitement.
Par ailleurs, un bilan associé à une rééducation du visage dite "rééducation oro-myo-faciale" est prescrit au patient. Cette rééducation peut être réalisé par un kinésithérapeute et/ou un orthophoniste. Le praticien doit être formé à la prise en charge de la paralysie faciale. Un protocole d'auto-rééducation par massages est remis au patient.
Certains exercices de rééducation, comme la rééducation en force ou l'électrostimulation, sont proscrits à la phase aigue de la paralysie faciale car ils peuvent majorer le risque de séquelles.
Des traitements associés peuvent être proposés au patient. Même s'ils ne font pas l'objet de recommandations des sociétés savantes, la photobiomodulation par Laser/LED thérapie est un traitement non invasif et sans effet secondaire, qui selon les dernières études scientifiques, pourrait améliorer la récupération et la vitesse de récupération du nerf facial.


BILAN MEDICAL ET
SUIVI
Tout épisode de paralysie faciale, même avec une récupération spontanée complète, nécessite un bilan médical pour déterminer la cause de la paralysie faciale et éliminer certaines pathologies.
Le bilan médical repose sur :
- un prélèvement sanguin qui recherche certaines causes, notamment infectieuses
- une IRM du nerf facial qui recherche une pathologie sur le trajet du nerf facial
- un examen de l'audition avec étude du réflexe stapédien
En l'absence d'évolution favorable à 6 mois de la paralysie faciale, une IRM de contrôle est réalisée.
Le suivi médical permet de s'assurer de la normalité de ces examens et ou de prendre en charge les anomalies éventuelles. Ce suivi permet également de monitorer la récupération faciale, de suivre l'apparition éventuelle de séquelles et de proposer au moment adéquat d'autres traitements.
Le suivi s'effectue alors au moins jusqu'à un an, notamment pour s'assurer de l'absence d'apparition de séquelles qui peuvent survenir même en cas de récupération complète initiale.
ABSENCE
DE RECUPERATION
ET
SEQUELLES
Dans environ 30% des cas, le patient ne récupère pas complètement ou avec des séquelles.
Dans le cas d'une récupération partielle
avec des séquelles à type de spasme, co-contractions involontaires appelées syncinésies ou asymétrie faciale, une prise en charge par injection de toxine botulique ou d'acide hyaluronique peut être proposée.
Ces injections permettent de symétriser le visage, de diminuer les séquelles et d'améliorer la qualité de vie des patients. Elles permettent également à la rééducation oromyofaciale d'aller "plus loin".
La collaboration initiale avec le rééducateur orthophoniste ou kinésithérapeute permet d'optimiser la prise en charge.
Seuls des médecins experts en paralysie faciale et techniques d'injections doivent proposer ces traitements. Le choix de la molécule, des muscles et des doses injectées relèvent de l'expertise du praticien.
Dans le cas de paralysie faciale complète et définitive
En fonction du délai d'évolution de la paralysie faciale, une prise en charge chirurgicale de réhabilitation faciale est possible.
Le choix de la technique chirurgicale se fait au cas par cas. Il peut s'agir d'une anastomose nerveuse pour restaurer l'influx nerveux par le biais d'un autre nerf (nerf de la langue ou nerf du masséter). En cas d'échec ou lorsque le délai d'évolution de la paralysie faciale ne le permet pas, une technique de transfert musculaire appelée myoplastie d'allongement du muscle temporal peut être proposée.
Lorsqu'une réhabilitation a déjà été effectuée mais que les résultats ne permettent pas un résultat optimal de symétrisation, un lifting avec ou lipofilling du côté paralysé peut être discuté.
Dans le cas d'une problématique de l'œil et de la paupière:
L'absence de fermeture complète de l'œil peut être prise en charge par la pose d'un dispositif intra-palpébral à type de plaque de platine. Cela permet au patient de fermer à nouveau l'œil paralysé, de le protéger et d'améliorer la sécheresse oculaire. Des gestes chirurgicaux associés comme la canthoplastie permettent de parfaire le résultat.
Un sourcil ou une paupière tombante peuvent majorer l'asymétrie du visage du patient et le gêner fonctionnellement. Une chirurgie de réhabilitation orbito-palpébrale permet d'améliorer considérablement la gêne. Plusieurs gestes chirurgicaux peuvent être proposés comme la blépharoplastie et la résection supra-sourcilière.